Le difficile post-partum

Après mes indispensables de grossesse, je suis désormais capable de vous dresser la liste de mes indispensables post-partum puisque j’ai accouché d’un petit garçon, Léon, fin décembre, une semaine après terme.

Tout se passe très bien pour Léon, il est en pleine forme et grandit bien, même très vite ! Ceci dit, c’est peut-être dû à la semaine supplémentaire qu’il a passée dans mon ventre héhé.

Pour moi, c’est une toute autre paire de manches. Même si j’ai maintenant un peu de recul et que je ne vois plus les choses exactement de la même manière que juste après sa naissance, je peux le dire clairement : j’ai vécu cet accouchement comme un traumatisme, et je m’en remets petit à petit, à mon rythme et en douceur.

J’avais un projet bien particulier qui ne s’est pas du tout déroulé comme prévu, mais là n’est pas le problème. Je m’étais préparée pour mon projet, mais on ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut, surtout dans un domaine aussi incertain que celui-ci ! Je m’étais donc préparée à l’éventualité que ça ne se passe pas comme prévu, ce qui est arrivé. Soit.

En fait, c’est la sortie de Léon qui m’a traumatisée :  il y a un moment où tout a complètement dérapé, s’est accéléré et a débouché sur plusieurs gestes extrêmement douloureux, surtout sans péridurale (car oui j’ai dû être déclenchée au bout de 7 jours, le maximum pour l’hôpital dans lequel j’étais suivie, mais j’ai quand même pu faire tout mon travail en salle nature, sans péridurale, avec bain et grand sofa, monitoring waterproof et sans fil, avec notre petite lumière et notre musique, afin de respecter au maximum notre projet).

Je suis traumatisée dans mon corps, meurtrie, blessée, un peu comme si on m’avait écartelée. J’ai du mal à reprendre possession de mon corps, j’ai encore mal, je ne suis pas prête de courir de nouveau, et niveau sexualité c’est le calme plat.

Si je vous dis tout ça, ce n’est pas pour vous effrayer si vous êtes enceinte ou prévoyez de l’être, car la plupart des naissances se passent très bien. Mais il faut aussi avoir dans un coin de sa tête que rien n’est acquis et que, surtout, on parle beaucoup des maux de la grossesse et de l’accouchement, mais pas souvent de ceux du post-partum qui est pourtant une période pleine d’enjeux, que ce soit au niveau physique ou au niveau mental. Car non, on a beau aimer notre bébé plus que tout, d’un amour indescriptible, ce n’est pas parce qu’il est né que tout le reste ne compte pas, que tout va bien, et que l’on doit s’oublier.

Bref, pour survivre à cette tempête qui a emporté une part de moi avec elle, voici ce qui m’a été utile pendant les premières semaines.

  • Ma famille. Vivre ça et être seule par la suite, ça ne doit vraiment pas être facile. Heureusement que mon mari était avec moi lors de l’accouchement, a bien vu ce qu’il s’était passé et était donc à même de comprendre ce que je traverse, encore maintenant. J’ai également ressenti le besoin de l’expliquer sans discours larmoyant à ma famille proche, pour qu’ils sachent ce que j’ai vécu et qu’ils puissent réagir en conséquence. J’ai tout simplement ressenti le besoin d’en parler. Je ne me voyais en effet pas répondre « tout s’est super bien passé, je suis tellement épanouie et heureuse depuis que Léon est né » à la question si simple « ça va ? ». Car oui, je suis super heureuse qu’il soit là, et je revivrais ce jour encore et encore pour qu’il soit avec nous tellement ce qu’il nous apporte est indescriptible, mais ce n’est pas si simple que ça. Bref, être bien entourée, c’est quand même bien utile.

  • En matière d’allaitement, je ne peux que vous conseiller le beurre de karité Mama Sango (*) pour hydrater vos tétons qui vont forcément morfler un peu les premiers jours. Hé oui, ils n’ont pas l’habitude qu’on leur tire dessus avec vigueur des dizaines de fois par jour ! Il faut donc en prendre bien soin, et si l’on veut le faire de manière naturelle et sans danger pour le bébé qui peut en ingérer, ce beurre de karité de Guinée est idéal puisqu’il est pur, brut, non raffiné, non désodorisé, non blanchi, sans solvant ni produit chimique, bio, équitable, de qualité alimentaire (rien que ça !). On peut également s’en servir pour hydrater bébé au besoin et pour lutter contre les vergetures (avant et après l’accouchement). Un produit multifonction bien utile à mon sens pendant cette période de la vie !

  • Pourquoi une photo de culotte en gros plan ? Hé bien parce que, comme durant ma grossesse, les culottes menstruelles Fempo (*) sont un gros favori pour moi. Alors oui c’est un petit investissement, mais mon Dieu qu’est-ce que c’est pratique !! Et l’investissement est largement rentabilisé dans le temps. Bref, que ce soit pour les pertes plus importantes à l’approche de la naissance, ou bien ensuite pour les pertes post-accouchement, elles sont au top. Alors j’imagine bien que pour le retour de couches elles me seront de nouveau très utiles ! Ils ont même sorti un modèle plus épais pour une absorption plus importante si vous avez un flux très important. Et bien sûr, le tout toujours sans nanoparticules de métal. J’aurais presque hâte d’avoir mon retour de couches, presque… Si vous voulez vous laisser tenter, vous pouvez avoir 10 % de réduction sur votre première commande avec le code MERCISEGO (non affilié).

  • Autres indispensables de mon post-partum : les bouquins sur l’alimentation végétale des femmes enceintes, allaitantes, des bébés et des enfants. J’ai commencé par Vegan sans carences des éditions Ulmer qui parle de l’alimentation végétale des femmes enceintes, allaitantes et des bébés lors de la diversification. Il est très bien étayé et facile à lire et il propose plusieurs recettes simples mais originales à la fin. Je l’ai beaucoup aimé. Bébé Veggie des éditions La Plage est également très intéressant. Il s’intéresse davantage à l’alimentation de l’enfant et notamment à la DME (diversification menée par l’enfant) et propose plein de recettes pour introduire petit à petit les fruits et légumes, les céréales et les protéines. Il répond également à plusieurs questions que l’on se pose souvent, par rapport à l’introduction du gluten et à la mauvaise réputation du soja entre autres. Enfin, Nourrir son enfant autrement (*), toujours des éditions La Plage, est la bible de l’alimentation végétale des femmes enceintes, allaitantes, des bébés et des enfants. Si vous ne deviez en acheter qu’un, je vous conseillerais donc celui-ci tellement il est bien fait et complet. Il comprend notamment des témoignages de familles. Il commence par faire un point sur les indispensables d’une alimentation végétale équilibrée, puis il donne des astuces pour gérer un environnement qui ne partage pas nos valeurs (on ne retrouve pas ce type de contenu partout et pourtant c’est très utile et intéressant !), avant de donner des conseils alimentaires pour chaque âge, allant de in utero à 6 ans. Enfin, il y a énormément de menus et recettes classées par saison, par temps de réalisation, par ingrédients, pour faire aimer un ingrédient, pour associer avec telle ou telle céréale ou encore pour cuisiner avec un enfant !

vitamine b12

  • On ne peut pas parler d’alimentation végétalienne de la femme enceinte, allaitante et des bébés sans parler de vitamine B12. Je veille donc bien à prendre la mienne pour que Léon l’ingère par mon intermédiaire. Vous pouvez en acheter en ligne sur différents sites Internet, dans certaines boutiques, à l’étranger aussi (j’ai déjà acheté la mienne dans les Holland and Barrett que l’on trouve notamment en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni), et je la prends parfois sur iHerb même si faire venir ça par avion des Etats-Unis, ce n’est pas ce qu’il y a de plus écologique (lien affilié qui vous permet d’avoir une réduction sur votre première commande et moi un pourcentage de votre commande en bon d’achat). Petit rappel quand à son dosage pour les personnes de plus de 12 ans non carencées : 10 microgrammes par jour (marque Veg1 par exemple) ou 2 000 microgrammes par semaine (2 ampoules ou gélules par semaine).

  • Enfin, les podcasts m’ont bien tenu compagnie ces dernières semaines. J’y ai appris beaucoup de choses, que ce soit par rapport au post-partum ou non. Je peux par exemple vous conseiller deux épisodes de Grand bien vous fasse sur France Inter, « Les babys blues » et « Pourquoi les bébés pleurent-ils? », mais aussi les podcasts Bliss-Stories, Mères et le récent La Matrescence. Ces trois derniers podcasts permettent d’en apprendre plus sur tout ce qui peut se passer avant, pendant et après la naissance via les témoignages de différentes mamans aux parcours divers et variés. Pour les parcours des papas, à ne pas négliger dans l’aventure car leur place n’est pas forcément évidente, direction Histoire de Darons (plus facile que la nôtre certes, mais pas à négliger non plus car assister à un accouchement traumatisant n’est pas sans conséquences, et gérer l’après pas facile non plus). Plus globalement, vous pouvez vous référer aux deux articles (ici et ici) que je vous ai écrits sur les podcasts que je vous conseille (un troisième devrait bientôt voir le jour !).

N’hésitez pas à réagir dans les commentaires, à en parler autour de vous, le post-partum est un thème très important pas assez abordé ! J’espère vous avoir un peu aidé ou fait faire de chouettes découvertes. Et, surtout, soyez bienveillante envers vous, prenez le temps qu’il vous faut, parlez-en à votre entourage et acceptez les émotions qui vous submergent, même si elles ne vous semblent pas socialement correctes.

A bientôt !

(*) produit offert

12 réflexions sur “Le difficile post-partum

  1. Nathalie dit :

    Super intéressant Ségoléne ! Et merci de témoigner parce que je pense que oui on n’en parle pas assez. Même un accouchement qui se passe « parfaitement » entendez « dans la norme », est source de traumatisme. Et souvent on ne se sent pas le droit de l’exprimer parce que les gens s’en foutent et qu’on ne veut pas étaler çà. Moi je n’avais pas de plan, je voulais juste ma fille. Et finalement j’ai eu pré éclampsie, 15 jours d’hospitalisation avant, une césarienne et une bébé préma de 6 semaines… Tout s’est, en fait, bien passé et tout le monde allait bien. Sauf qu’en neonat elles sont très fortes avec les bébés mais alors les mamans on s’en fiche un peu royalement… J’ai pleuré tous les jours… Incompréhension, aucune écoute, des jeunes puéricultrices qui appliquent scolairement.. Bref la cata… En sortant ça a été. Bon ben de quoi tu te plains alors !? Et bien je me plains que ce mois à l’hôpital (avant pendant et après la naissance) à été un traumatisme.. Mon conjoint le sait il était la mais mon entourage ne réalise pas je pense et mes amis ne peuvent pas imaginer….

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    • Capucine dit :

      Bonjour Ségolène, bonjour Nathalie,

      Merci de vos témoignages à chacune!
      Il est ô combien difficiles de trouver des témoignages francs sur le traumatisme que peut être un accouchement, et le post-partum également.

      Ici, une urgence médicale pour bébé a fait que rien ne s’est déroulé comme je l’avais « prévu ». Résultat, traumatisme, et sentiment d’être complément passée à côté de ce moment.
      Puis un mois de soins intensifs / néonat, et c’est là ou je rejoins Nathalie. Certains puéricultrices m’ont mise plus bas que terre, une période très compliquée pour moi. Ce mois est un véritable traumatisme qu’on soigne doucement, tous les trois, et avec surtout mon mari qui l’a vécu à mes côtés.

      Mais effectivement, il est difficile pour l’entourage de réaliser ce que cela peut signifier. Même le personnel médical parfois n’appréhende pas suffisamment les choses, j’ai claquée la porte de la sage femme avec qui je faisais ma rééducation quand un jour, à bout de force et pleine d’un contre coup de cette hospitalisation, j’ai fondu en larmes sans pouvoir m’arrêter et qu’elle m’a dit « Bah enfin! Tout va bien non? »… grrr. Je passe le forcing de cette femme lors de la pose d’un stérilet, 4 essais ratés. Merveilleux après un accouchement, quand on en peut plus d’être touchée médicalement dans ce coin-là! Heureusement mon gyneco a été une crème.

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      • pampleluneh dit :

        Oui tomber sur du personnel à l’écoute, compréhensif, disponible est très important également. Ca compte dans le fait d’être bien entourée. Même par le personnel médical. Moi pour le coup j’ai été plutôt chanceuse et suis bien accompagnée depuis ma grossesse jusqu’à maintenant. Exception faite de la médecin qui m’a fait forceps et épisiotomie qui a été dure et parlait de moi, face à moi, sans s’adresser directement à moi (du type « non mais elle lève les fesses donc forcément pour pousser ça ne va pas marcher »)… Elle a bien fait son boulot je crois et était très professionnelle, mais pour le côté humain on repassera…

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    • pampleluneh dit :

      Oui, je pense que dans tous les cas, même quand ça se passe bien, ça reste quand même une grosse épreuve pour le corps. Finalement, on parle beaucoup de la vie qui change avec l’arrivée du bébé, mais ce n’est pas uniquement le bébé en lui-même qui nous change, mais aussi la façon dont il vient au monde et les conséquences que ça a par la suite sur le corps et l’esprit. Mais c’est en effet en en parlant plus de manière libérée que les gens se rendront compte ! La grossesse et l’accouchement c’est une chose, l’après c’en est une aussi à part entière et très importante…

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  2. LeaToon dit :

    Salut Ségolène,

    Ton retour est vraiment intéressant et effectivement j’ai aussi mal vécu mon post partum (bébé né fin novembre). Mon accouchement a été nickel, peu de travail, pas de péri, bébé arrivé naturellement.. Mais une belle déchirure et une arrivée rapide qui a bousillée mon périnée. En gros après l’accouchement, j’avais très mal au niveau des points de suture (7 points) , et mon périnée était inexistant donc clairement je me faisais pipi dessus . Ça a été très traumatisant pour moi car je ne m’attendais pas du tout a ça et je ne reconnaissais plus mon corps.
    J’ai trouvé qu’on ne nous parlait pas assez de ces maux d’après l’accouchement. Pour moi ça a été un choc .
    4 mois et demi après mon corps va mieux, je retrouve mes sensations mais c’est quand même un long chemin .
    Bon courage à toi et votre petit Léon a l’air tout mignon :)

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    • pampleluneh dit :

      L’illustration parfaite de « même quand tout va bien, tout ne va pas bien ». Un accouchement a priori nickel laisse quand même toujours des traces plus ou moins profondes. Finalement, donner naissance est vraiment un don de soi, un don de son corps. Courage, ça va être plus long que ce que l’on pensait, mais on va récupérer :)

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  3. Charlotte - Enfance Joyeuse dit :

    Un article si complet avec plein de bons conseils pour cette période si difficile. J’ai trouvé la partie podcast originale ! Finalement, ces femmes abordent des sujets si variés et des histoires si vraies qu’elles ne peuvent que parler. Merci pour ce joli billet !

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    • pampleluneh dit :

      Oui, cela permet d’en apprendre davantage sur tout ce qui peut se passer avant, pendant et après une naissance. Les expériences sont si variées, il est nécessaire de libérer la parole et d’être bien informée !

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  4. Workingmutti dit :

    J’en entends parler partout de ces culottes menstruelles pour le post-accouchement (en même temps je suis dans mon 3e trimestre, donc je le cherche aussi hein). C’est vrai que les protections dans les vieilles culottes à ruiner c’est vraiment pas le top.

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    • pampleluneh dit :

      Oui, ça c’est vachement pratique ! Et puis il y a aussi les culottes et serviettes fournies par l’hôpital pour les tous premiers jours où les pertes sont vraiment plus importantes.

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  5. Ju dit :

    Bonjour à toutes, j’arrive par hasard (depuis Mango and salt !), et je ne peux pas ne pas commenter, même rapidement… maman de 3 enfants (5, 8 et 11 ans), je me retrouve tellement dans vos témoignages ! Même si mes 3 accouchements se sont très bien déroulés (naturellement, sans péridurale, bébés en forme), j’ai chaque fois mis 6 mois à m’en remettre: c’est en effet un don de soi, c’est extrêmement fatigant, l’épisio n’en parlons pas, surtout quand la sage-femme t’affirme que « tout est nickel » mais que toi tu as juste envie de pleurer dès que tu veux t’asseoir ou faire pipi…). La seule chose que je retiens, avec le recul, c’est que CA PASSE. Il faut du temps, tout simplement. Certaines de mes copines pouvaient marcher le lendemain de leur accouchement, moi il m’a fallu plusieurs jours à chaque fois. 10 jours pour simplement sortir acheter le pain à… 150 m de chez moi. 6 mois de récup en moyenne à chaque fois. Ca revient PETIT A PETIT. Faites confiance à votre corps, il a sans doute besoin de nous rappeler chaque jour qu’il a fait un énorme effort et qu’il faut le chouchouter et se reposer (même si c’est parfois mission impossible avec un tout petit).
    J’ai récupéré plus vite après les 2e et 3e enfant, tout simplement par ce que je SAVAIS que ça allait passer, ça a fait toute la différence… Bon courage, très sincèrement, à toutes les jeunes mamans qui passent par là, vous êtes merveilleuses :)

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    • pampleluneh dit :

      Bonjour ! Merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous écrire ce message positif. Je sens que tout passe petit à petit en effet, et ton message donne de l’espoir ! Alors merci :)

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